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Valérie Valero, cheffe décoratrice de l'expérience de cinéma immersif "Terminator 2 : No Fate" ©DR

Futur immédiat : entretien avec Valérie Valero, cheffe décoratrice de “Terminator 2 : No Fate”

Expérience immersive d’un genre nouveau, Terminator 2 : No Fate propose une immersion totale dans l’univers du célèbre film de James Cameron à travers un parcours interactif dans les décors emblématiques du long-métrage. Valérie Valero, nouvelle représentante du nouveau département Costumes, décors et accessoires, nous raconte la genèse de ce projet atypique à la lisière entre le cinéma et le théâtre.

Pouvez-vous nous présenter le projet ?

Valérie Valero : C’est un projet très original, j’ai été séduite par l’enthousiasme et la créativité des trois jeunes fondateurs de Dreams Factory. L’expérience propose de plonger les spectateurs dans l’univers du film Terminator 2 de James Cameron au milieu d’une vingtaine de comédiens et cascadeurs rejouant en direct les grandes scènes du film. C’est une des premières expériences de « cinéma immersif » en France. Les spectateurs passent d’un espace à l’autre et interagissent avec les personnages.

Combien de temps le travail de recherche pour les décors a-t-il duré ? Quelle superficie de décors avez-vous construit ?

V.V. : Je suis arrivée sur le projet avec Adrien Souchet, premier assistant, début février, et nous avons livré les décors mi-juin. C’était très court ! Quand nous sommes arrivés rien n’était fait pour transformer plus de 800 mètres carrés de bureaux, (le bâtiment était un ancien hôtel des impôts) en onze décors aussi variés qu’un bar américain, un coin de désert, un hôpital psychiatrique et les bureaux de Cyberdyne… Il a fallu imaginer, casser les murs et reconstruire ! C’était un challenge pour tenir les délais et le budget.

Quels types d’éléments avez-vous utilisé ?

V.V. : Il a été nécessaire de construire avec de « vrais » matériaux… Du métal, des briques, du bois… Compte tenu de la proximité du public avec les décors et de la durée d’exploitation (un an, à raison de cinq représentations par semaine), il fallait construire en dur et oublier les feuilles à décor en CP de cinq millimètres, les fausses briques qu’on utilise habituellement.


Quid du recyclage ? Avez-vous réutilisé beaucoup d’éléments de décors, d’accessoires différents ?

V.V. : Oui ! Par conviction j’ai voulu utiliser au maximum de matériaux et de meubles ayant eu une première vie. Nous sommes allés nous fournir à la Réserve des Arts, pour le bois, le Dibond, les tissus, et à la Ressourcerie du Cinéma pour les portes, le métal, les battants, la peinture, la moquette et divers éléments du mobilier.

Nous avons aussi beaucoup acheté à Neptune, l’association solidaire de deuxième main implantée à Montreuil où ma super équipe de constructeurs (Plan B) ont implanté leur atelier.  Nous avons loué la machine à peinture Enviro+ à la Ressourcerie du cinéma pour faire des économies d’eau conséquentes. Avec Sabine Barthelemy, cheffe peintre sur le projet, je suis une des co-fondatrices d’EcoDecoCiné (Partenaire d’Ecoprod) qui initie les bonnes pratiques pour faire des décors de manière plus responsable. Sabine a plein d’idées, comme réutiliser des matériaux telles les plaques de plafond pour créer des pierres… Elle invente et trouve beaucoup de solutions à la fois esthétiques et justes.

Quel décor a-t-il été le plus compliqué à concevoir ? Pourquoi ?

V. V. : La porte du temps et la forge. Dans le film, la porte du temps est verticale : le T 800 est aspiré dans les airs. Avec 2,30 m sous plafond, il nous était difficile de reproduire le même effet …

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