Une histoire de Françoise

20
Juin

Une histoire de Françoise

Il y a maintenant plus de dix ans, j’ai eu le grand bonheur et le grand honneur de rencontrer et côtoyer Françoise Bonnot lors du jury du prix Vulcain.

C’était un jury totalement « imparitaire » : 5 femmes et un seul homme.

Incroyable, non?

C’était un jury de « Françoise », Françoise Bonnot, Françoise Berger-Garnault, Françoise Noyon … Sororité de prénoms ?

Nous nous sommes entendues comme « larronnes en foire ».

Françoise Bonnot possédait cette classe et distinction naturelles qui imposent le respect et attirent immédiatement la sympathie. Elle savait faire preuve d’empathie envers tout le monde. Elle voulait vous faire oublier la grande dame qu’elle était.

Impossible d’oublier son élégance, sa prestance, son intelligence, sa gentillesse.

Toutes ces qualités ont fait d’elle une immense monteuse. Elle était dotée d’un grand talent, fait de sa compréhension vive de la vie, des gens, du cinéma, de la narration. L’académie des Oscars ne s’y est pas trompée lorsqu’elle lui attribua l’Oscar du meilleur montage pour « Z » de Costa Gavras et les BAFTA non plus lorsqu’ils lui décernèrent leur récompense pour « Missing » du même Costa Gavras. Sa carrière démontre qu’elle fut fidèle aux réalisateurs avec lesquels elle a collaboré. En premier lieu à son mari Henri Verneuil avec qui elle eut deux enfants: Patrick et Sophie Malakian, réalisateur et vétérinaire. Puis ce furent, Jean Jacques Annaud, Costa Gavras, Michael Cimino … pour n’en citer que quelques-uns.

Françoise Berger Garnault m’a raconté dernièrement que ce fut Françoise Bonnot qui la parrainât pour entrer à la CST, passage de flambeau de Françoise à Françoise…

Françoise votre départ est une « Sale affaire », vous étiez pour moi une « Chère inconnue », que j’ai un tout petit peu connue. Vous n’aviez pas mis un « Beau masque » dans la vie. Vous faisiez partie de cette immense « Armée des ombres » issue du peuple des techniciens de cinéma. Vous preniez part à la « Section spéciale », qui joue si bien cette « Mélodie en sous-sol », afin que les réalisateurs passent au « aveu » en toute quiétude.

Quelle tristesse de devoir désormais parler de vous au « Passé simple ».

 

Françoise Noyon

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