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Repousser les limites de la machinerie

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Entretien avec Olivier Georges, dit Castor

À la fois machiniste, ingénieur, stéréographe, inventeur, fabricant d’outils… Castor est un visionnaire porté par un parcours atypique, qui part du montage pour bifurquer ensuite vers la machinerie sous tous ses angles. Grâce à son expertise de la prise de vue relief, acquise aux côtés d’Alain Derobe, il prend en compte en permanence le point de vue de l’utilisateur, qu’il soit spectateur de films ou immergé dans une expérience VR comme dans son dernier exploit en la matière, Le bal de Paris. Plus le défi est grand, plus Castor teste et trouve des solutions aux problèmes de prise de vues les plus ambitieux. Dans les airs ou sous l’eau, en 2D ou en relief, Castor embarque les caméras dans des aventures visuelles où les images les plus folles deviennent possibles…

Comment es-tu arrivé dans la machinerie ?

Un peu par hasard ! J’avais un temps songé à devenir architecte. Mais ayant grandi en Alsace, dans un fond de vallée où l’on ne pouvait pas recevoir la télé hertzienne, j’avais passé de longues heures devant les 14 chaînes câblées qui y étaient disponibles dès la fin des années 1970. Après un stage pendant l’été au sein de TLVA, une des premières télévision locale de France, l’audiovisuel s’imposa tout naturellement dans mon orientation en fin de première… Mon grand rêve, c’était la réalisation d’épreuves sportives en direct. J’ai passé différents concours et j’ai intégré 3IS.

Est-ce à l’école que tu as pu expérimenter la machinerie pour la première fois ?

Dès la première année, j’ai commencé à bidouiller. On n’avait pas de budget, on ne disposait d’un travelling que pour une journée donc j’en ai fabriqué un avec des tubes PVC afin qu’on puisse être autonomes pour notre film de fin d’année. La deuxième année, nous avions loué une petite grue à l’école pour la JPO, et je m’en suis inspirée pour en faire une copie avec mon père. De fil en aiguille, je trouvais que la machinerie, c’était cool et comme en plus personne ne voulait le faire, je l’apprenais au fur et à mesure. En fin de deuxième année, je devais faire un stage et j’ai été pris par la société qui m’intéressait le plus, BCI, productrice de l’émission Zig Zag, qui portait sur les sports extrêmes et que je regardais de manière assidue. Au bout de deux mois de stage, la société voulait me garder et a donc négocié un contrat de qualification avec le directeur des études.

Dans ta dernière année d’école, tu étais donc à la fois en cours et en entreprise, comme une forme d’alternance ?

En troisième année, j’avais choisi la spécialité montage, la voie royale pour être réalisateur TV en direct. Mais je ratais tous les séminaires.. Le week-end, je partais en tournage dans les Alpes, pour du ski, du VTT… J’y ai découvert la micro machinerie, tout ce qui était caméra embarquée à un moment où les Gopro n’existaient pas et qu’il n’y avait aucun outil. J’ai commencé avec le matériel classique que j’améliorais en fabriquant des outils de mon côté. Et la semaine, j’étais en montage. Donc quand j’allais en cours et qu’on me disait : aujourd’hui, on va travailler tel type de raccord, j’avais déjà vu ça avec les réalisateurs avec qui je travaillais. J’apprenais en fait plus rapidement en étant au contact des professionnels. Finalement, je n’ai pas eu mon diplôme, n’ayant pas eu le temps de faire mon mémoire… mais peu importe puisque j’étais déjà embauché dans la structure. Quelques mois plus tard, j’ai dû partir faire mon service militaire…

À cette époque, c’est l’ECPA qui récupérait souvent les appelés spécialisés en audiovisuel ?

Effectivement j’arrive à l’ECPA, ce qui me fait rencontrer beaucoup de monde. Il n’y avait pas suffisamment de machinerie là-bas, je suis devenu éclairagiste, et en parallèle, je faisais la maintenance du matériel. De retour à la vie civile, je décide de changer de poste et d’arrêter…….

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