MARCHONS SUR LES MARCHES – Episodes 17, 18 et 19.

18
Mai

MARCHONS SUR LES MARCHES – Episode 17

Dogman – Réalisateur : Matteo Garrone

Avant
Nous le disions l’autre jour, l’Italie est reconnaissable entre tous les pays, que ce soit au travers de la
lumière toscane que de celle des bas-fonds du sud. Dès les Marches, l’éternelle souffrance du petit
peuple se ressentait.

La séance – Le film
Une station improbable en bord de mer, des bâtiments improbables, des personnages improbables, la
fidélité en l’amitié, ou plutôt en l’argent, ou les deux, ou aucune fidélité, juste la survie, pour l’amour de
sa fille, ou du moins ce qu’on lui en laisse vivre. Comme pour Lazzare Felice, nous retrouvons ici toute
l’histoire du cinéma italien d’après-guerre, sa misère presque joyeuse, sa violence impulsive que l’on
regrette aussitôt, ses petites lâchetés et ses grands rêves d’un bonheur simple, que l’on ne peut
qu’effleurer, même pas caresser, sans le toucher.
Après
Italie, dans tes excès ou dans tes faiblesses, nous t’aimons. Reste debout et continue à rêver.

 

MARCHONS SUR LES MARCHES – Episode 18

Capharnaüm – Réalisateur : Nadine Labaki
Avant
Il était impressionnant, ce jeune adolescent, en montant les Marches, avec ce regard empli de
volonté, presque de dureté. On pouvait le penser intimidé, la suite nous prouva que non.

La séance – Le film
J’ai eu l’immense chance de voir plus de 600 films à Cannes, celui-ci est dans les trois qui m’auront le
plus marqués. En parler est trop ambitieux, il faut juste le voir, le revoir, s’en imprégner, et
indéniablement peut-être arriverons-nous alors à comprendre ce qu’est le monde d’aujourd’hui, le vrai,
celui vécu par des milliards d’êtres humains. Il y a tout ce qu’il y a à dire, ou à évoquer, sans effets de
manche, avec force cependant, les femmes, les adolescentes, les enfants, la solitude, la solidarité, la
misère, la dilution des personnalités, la négation des identités, l’impuissance des miséreux, la religion,
la vie, pourquoi. Toutes ces questions posées par un jeune adolescent, l’espoir ou la mort.
Zain Alrafeea, le jeune acteur, porte totalement ce film. Quelle personnalité !
Tout comme le fond, la forme est exceptionnelle : mise en scène de la ville, image sans complaisance
mais sans démonstration, bande sonore exceptionnellement puissante, avec omniprésence de la ville,
de la vie.

Après
Il n’y avait que des yeux embués, des cœurs secoués, des regards sidérés, pas de la tristesse, de la
vraie émotion humaine. Et Zain, jeune homme déterminé, manifestement dans la vie comme dans le
film, fort, déterminé.
Merci au Cinéma, merci à Cannes ….

 

MARCHONS SUR LES MARCHES – Episode 19

Un couteau dans le coeur – Réalisateur : Yann Gonzales

Avant
Tout le monde n’a d’yeux que pour Vanessa Paradis, qui scintille dans la nuit …

La séance – Le film
Il y a le parti pris du cinéma érotico-porno des années 70, son image imparfaite et granuleuse, ses
sons outranciers, ses acteurs qui surjouent totalement.
Il y a ce discours sur les combats que l’homosexualité a dû mener dans les années 70, puis 80, puis
90 (120 battements ou Plaire, aimer et courir vite), sur les drames familiaux que cela a engendré, il y a
l’amour, qui se décline comme il peut.
Il y a toutes les outrances caricaturales qui mettent mal à l’aise ou qui font les sourires gênés. Il y a ce
monde clos de l’homosexualité en ces temps-là, clos car totalement incompris, ridiculisé, « ricané »
par les autres, les « normaux ». Est-ce un message aux jeunes générations, sur les combats à mener
dans le temps, comme l’est celui sur l’égalité homme-femme, combats qui ne peuvent ce mener dans
le cadre d’un Grand Soir révolutionnaire, mais sur la durée et la volonté ?

Après
Sait-on vraiment ce que nous avons applaudi hier soir ? Si j’avais rédigé cette chronique juste en
sortant du film, elle aurait été beaucoup plus dure. Avec le temps et un peu de recul, on entend un
peu mieux le message. Peut-être ce qu’il faut faire dans la vie, prendre le temps …..