MARCHONS SUR LES MARCHES – Episodes 13 et 14

16
Mai

MARCHONS SUR LES MARCHES – Episode 13

En guerre – Réalisateur : Stéphane Brizé

Avant

Des sourires, de la joie, on a senti sur les marches qu’une équipe soudée et solidaire venait nous présenter quelque chose de fort et d’engagé.

La séance – Le film

Les cinéphiles sont toujours un peu inquiets lorsque l’on vient leur montrer une œuvre que l’on sait déjà militante, sociale, souvent plus proche du manifeste ou du documentaire que de l’œuvre, tout en sachant reconnaître la force de ces films (par exemple 9/11 de Michael Moore).

Mais quelle force dans ce film, oui, je dis bien film. C’est militant sans être prosélyte, c’est engagé sans être vindicatif, c’est social sans être larmoyant. Pour une fois, le réalisateur ne cherche pas à nous faire partager un point de vue, il expose toutes les approches, sans a priori, à chacun d’en prendre et d’en laisser. Une très belle approche intellectuelle qui donne encore plus de force aux témoignages. Techniquement, c’est très bien fait. On retrouve Ken Loach dans cette qualité cinématographique.

Une seule chose : l’abus de plans type « reportage », avec une caméra très souvent située dans la foule, et donc des acteurs souvent masqués par des têtes ou des corps en très premier plan, comme si on était un des acteurs des manifs ou des débats. Cela marche plutôt bien dans les meetings et les manifs, mais dans les réunions assises ou sans mouvements, on y perd l’impact des expressions des yeux, des visages, des gestes, et le message en est affaibli.

Après

Une montée en puissance des applaudissements, un réel enthousiasme, sur le message, mais aussi sur l’œuvre. Incontestable un des moments cinématographiques forts de ce festival.

 

MARCHONS SUR LES MARCHES – Episode 14

Under the silver lake – Réalisateur : David Robert Mitchell

Avant

Après la montée des marches de Star Wars, retour sur terre pour une montée classique.

La séance – Le film

Il ne faut jamais écouter ce que l’on nous dit d’un film. Un collègue m’avait raconté une scène bien précise, à partir de laquelle il me caricaturait un peu le film. Mais c’est tout autre chose que j’ai vu. Allons voir les films avec un esprit libre, ayons confiance en notre culture et en nos capacités de compréhension sans le filtre d’autres avis, soyons nous-mêmes.

Justement, un avis. Bien difficile ici. On sent la jeunesse, voire la post adolescence du réalisateur. C’est plein d’hésitations, de petites erreurs. Mais c’est aussi très riche d’un univers personnel marqué. Film post pubère : un peu mais pas tant. Film d’adulte : pas encore. Il y a encore cette liberté de ton et ces excès de celui qui ne s’est pas encore mis de limites. C’est esthétique sans être démonstratif, c’est onirique sans être cauchemardesque, c’est un doux délire bien sage finalement. Mais voilà un réalisateur à suivre lorsqu’il canalisera mieux sa technique.

Ceci dit, un travail avec des courtes focales assez intéressant, plutôt bien maîtrisé, donnant comme toujours de la force à l’image.

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