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Le son immersif par Dolby : Dolby Atmos

Le son immersif au cinéma, un marché concurrentiel

Cela fait plus de huit ans que nous entendons parler du Dolby Atmos, le nouveau format sonore immersif « 3D » de Dolby. Cette technologie du cinéma numérique n’est pas la première à proposer une diffusion sonore immersive ; il existait déjà d’autres systèmes comme le Hamasaki 22.2 de la société NHK ou encore l’Auro 3D de Barco. Mais, à la différence de ces deux dernières, la technologie de Dolby intègre la notion de mixage sous forme d’objets sonores (ou object based) en plus de celle de mixage par canaux de diffusion (ou channel based) des formats immersifs précédents et des biens connus 5.1 ou 7.1, plus standards.

Cette nouveauté va apporter aux metteurs en scène et aux acteurs du son (monteur son, mixeur, sound designer, chef opérateur du son) de nouvelles possibilités dans l’écriture sonore des films et une appréciation différente de la spatialisation des sons. C’est aussi une nouvelle manière d’appréhender le workflow lors de la postproduction sonore avec des contraintes matérielles dont il faut tenir compte. Pour les exploitants des salles de cinéma comme pour les entreprises de postproduction sonore, cette avancée devra faire l’objet de nouvelles installations techniques pour répondre à certaines exigences que demande le Dolby Atmos.

Bien que le procédé de mixage orienté objet soit déjà fonctionnel avec des systèmes comme la WFS ou l’Imm Sound (racheté par Dolby pour développer l’encodeur Dolby Atmos), Dolby va réussir à s’implanter dans ce marché en prenant une place importante dans la création et la diffusion de bande son immersive pour le cinéma.

Du premier mixage en Dolby Atmos à aujourd’hui

Disney Pixar

Le film d’animation Brave (Rebelle dans sa traduction française), produit par les studios Pixar, est le premier à être mixé et diffusé en Dolby Atmos. Après une avant-première au Dolby Theater (ex-Kodak Theatre à Los Angeles) spécialement équipé du système son immersif, le film sort aux États-Unis le 22 juin 2012. Pour l’occasion, quatorze salles sont équipées et permettent la diffusion du film en Dolby Atmos. Il faut attendre plus d’un an pour voir sortir en salle le premier film français mixé dans ce format immersif, En Solitaire de Christophe Offenstein sorti le 4 novembre 2013. Au moment de sa sortie, moins de cinq salles de cinéma sont équipées du Dolby Atmos dans l’Hexagone pour exploiter le film dans son format immersif natif.

À ce jour, le nombre de salles de cinémas équipées est bien plus important. On en dénombrait fin décembre 6 138 en Dolby Atmos dans le monde et près de 280 nouvelles à venir. Les cinq pays possédant le plus de salles munies de cette technologie sont l’Allemagne avec 205 salles, la France avec 242 salles, l’Inde avec 673 salles, les États-Unis avec 706 salles et enfin la Chine avec 2 354 salles. Parallèlement, le nombre de films mixés dans le format immersif de Dolby approche les 1 800 dans le monde*.

La technique au service de la création

Object based et channel based en 128 canaux

Le Dolby Atmos est basé sur l’utilisation de 128 canaux audio-numériques. Ces canaux sont utilisables sous forme de BED ou d’OBJECT dans la limite des 128 disponibles. Les canaux beds pourraient se comparer à la « base » du mixage et se comportent comme un mixage sous forme de canaux. Chaque canal audio va donc alimenter une zone d’écoute spécifique (ou array lorsque cette zone est composée de plusieurs haut-parleurs) comme le font les formats 5.1 et 7.1. Ils peuvent aller du format 2.0 au 9.1, aussi connu sous le nom 7.1.2 dans le logiciel Pro Tools. Le 9.1 équivaut à un 7.1 (trois canaux de façade, quatre canaux de surround et un canal LFE) avec en plus deux canaux stéréos « TOP » au plafond pour la dimension verticale. Les objets sont, quant à eux, des sources mono (ou stéréo) liées à une métadata de spatialisation. Chaque objet possède sa propre métadata qui permet de donner sa position et son déplacement dans l’espace en temps réel.

Il paraît plus simple de comprendre la diffusion sonore des beds car nous avons l’habitude de travailler avec des formats multicanaux utilisant ce fonctionnement. À l’exception des deux canaux de tops, la base de l’écoute « horizontale » se compose d’un 7.1 avec ces quatre canaux de surround : Left Surround Side (LSS), Right Surround Side (RSS), Left Rear Surround (LSR) et Right Surround Rear (RSR). Mais comment se comportent les objets au sein de cette même écoute ? C’est un processeur d’écoute qui va calculer et interpréter l’emplacement et le déplacement de ces objets sonores pour envoyer le signal au bon haut-parleur ou groupe de haut-parleurs en fonction de la configuration de la salle. Ce processus fonctionne car chaque haut-parleur a une voie d’amplification particulière qui lui permet de recevoir un signal potentiellement différent des haut-parleurs qui l’entourent.

Dossier réalisé par Nathan Robert

Retrouvez l’intégralité du dossier dans la lettre de la CST n°176