Hommage de la CST à Jacques Monge

20
Jan

Notre grand Jacques Monge s’en est allé faire du steadicam au paradis du cinéma.

« Et dis-toi donc Grand Jacques
Dis-le-toi bien souvent
C’est trop facile
De faire semblant. »

Chantait Jacques Brel… Mais toi, Jacques, tu ne faisais pas semblant d’aimer la vie, le steadicam, le cinéma. Non content de tourner encore et encore, tu as transmis ton savoir et ta passion à de nombreux cinéastes. Tu as même inoculé le virus à ton fils Valentin, je te soupçonne de l’avoir promené sur ton stead quand il était bébé. Cela ressemblerait bien à tes facéties, à ton humour ravageur mais toujours tendre. Tu étais un vrai « Titi Parisien », la clope au bec, le verre de rouge à la main, la gouaille au bord des lèvres. Tu cachais des trésors d’intelligence et de culture comme seuls savent le faire les seigneurs. Tu les distillais quand bon te semblait, quand tu sentais ton interlocuteur digne de les recevoir. Tu promenais ta silhouette dégingandée sur tous les plateaux de cinéma harnaché de ta machine et tu en faisais un ballet. « Tout en souplesse et légèreté » comme tu te plaisais à l’enseigner, mais n’est-ce pas le plus difficile ? « Il faut beaucoup de travail pour faire léger » dit Jean Paul Rappeneau. Il t’a fallu beaucoup de travail et de persévérance pour maitriser ton art et le transmettre. Tu restes un défricheur, un dénicheur, avec l’œil qui frise aux aguets. Ton humanité, ton talent, ta joie de vivre, bref, ce que tu étais, vont cruellement manquer dans le paysage du cinéma. Remarques, là-haut, tu pourrais peut-être mettre au point un steadicam volant, qu’en penses-tu ?

Françoise Noyon.