Claudine Nougaret pour la Voix du Nord

30
Oct

Par Aline Chartrel | 

 

Alors que le nouveau film de Raymond Depardon (réalisation) et Claudine Nougaret (production) sortira le 29 novembre, « 12 jours » a été projeté jeudi en avant-première au Régency, partenaire de l’Arras Film Festival. Rencontre avec la productrice.

– Votre venue au Régency pour « 12 jours » n’a rien d’anodin…

« J’étais cette année co-juré du prix Vulcain avec Laurent Coët (le directeur du cinéma, ndlr), on s’est bien entendu et je lui ai promis de venir présenter mon film à Saint-Pol. »

– La psychiatrie, c’est un sujet qui vous tient à cœur ?

« Mon premier film avec Raymond Depardon, c’était Urgences, et lui avait déjà fait San Clemente. Nous avons fait deux films sur la justice, deux films sur la psychiatrie, et on voulait revenir sur l’un ou l’autre. Une magistrate et une psychiatre nous ont proposé de jeter un œil aux juges des libertés et de la détention en audience en hôpital psychiatrique. On a pris le sujet à bras-le-corps. »

– Avez-vous rencontré de difficultés sur ce tournage ?

« Plein, avec les problèmes de tutelle et de curatelle notamment, mais on a de la bouteille là-dessus. On a trouvé une écoute, des gens qui avaient envie que des caméras entrent dans un hôpital psychiatrique pour y porter un autre regard. »

– Douze jours, c’est le temps imparti à ces juges depuis 2013 pour valider ou non le programme de soins après une hospitalisation sans consentement. Dans votre film, on n’y voit pas de remise en liberté…

« On a filmé environ 92 patients, et on en a gardé dix. Globalement on n’observe pas plus de 9 % de mainlevées, on en a filmé mais ça n’était pas forcément intéressant. Il valait mieux ne pas les mettre et que le film garde son rythme et sa tenue. »

– Peut-on parler d’un film engagé ?

« Est-ce qu’un film qui veut la transparence des institutions est engagé ? Je pense que oui. Prendre le temps d’aller filmer des gens qui n’intéressent personne, c’est déjà un acte engagé, mais on était équidistant entre le patient et le magistrat. »

– Vous portez une volonté d’authenticité dans vos tournages, à mille lieues d’une fiction…

« On inspire beaucoup la fiction. Albert Dupontel se réfère souvent à 10e chambre, instants d’audience et Zabou Breitman à Urgences. Le documentaire est un peu la tête pensante de la fiction. »

 

Une soirée, deux annonces

Un cap symbolique. C’est cette semaine que la barre symbolique des 30 000 spectateurs a été passée au cinéma, sachant qu’avait été battu en 2016 un nouveau record de fréquentation avec 37 642 entrées payantes enregistrées.

Arras film festival. Chaque année, l’événement se déplace jusqu’à Saint-Pol et cette année, parole de directeur du Régency, ce sera «  le programme le plus fourni qu’on ait jamais proposé  » avec à cette occasion une nouvelle avant-première – la septième depuis le début de l’année –, celle de La Promesse de l’aube en présence de son réalisateur Éric Barbier. Ce sera le mardi 28 novembre.

 

Source : www.lavoixdunord.fr/

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